The Beauty of Pure Islam
 

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Choix d’Extraits
des Travaux d’Autres Auteurs

 

 

Rédacteur et compilateur Dr.Vladimir Antonov

 

Traduction française par Christian Lirette

 

 

Table des matières

ENSEIGNEMENTS SOUFI — Hazrat Inayat Khan

LE PROPHÈTE — Gibran Khalil Gibran

LES SEPT VALLÉES ET LES QUATRE VALLÉES — Bahá'u'lláh

 

 

 

ENSEIGNEMENTS SOUFI*Hazrat Inayat Khan

 

Ce livre remarquable se composant des rapports exacts et laconiques peut certainement être recommandé pour la lecture, mais avec une mise en garde que son auteur dans ses années actives de prédication n’avait pas eue la connaissance intégrale la plus élevée. Par exemple, il n’a pas compris la signification évolutionnaire de notre présence sur Terre et a déclaré que la raison de nos vies terrestres est que Dieu s’ennuyait dans Son état non manifesté, qu’Il voulait “Se sentir” Lui-même et que pour cette raison Il pousserait des Parties de Lui-même dans les corps humains… (Apparemment, c’est une image méditative merveilleuse que l’auteur a reçue de son cheik, mais qu’il a acceptée de manière non critique: pas en tant qu’une des méthodes pour le travail avec la conscience, mais comme vérité).

En raison de la même non compréhension du mécanisme de l’Évolution de la Conscience Universelle, l’auteur ne pouvait pas incorporer dans son regard la loi du karma et en conséquence l’interprète de manière erronée.

L’auteur, à ce moment-là, ne se rendait également pas encore compte de l’état du Créateur dans Sa Demeure, où il réside dans un Grand Calme et ne Se manifeste pas comme une Flamme Divine.

Mais quant aux autres parties de la connaissance religieuse — l’auteur les a remarquablement travaillées, et maintenant nous allons nous familiariser avec les extraits les plus importants d’entre eux.

* * *

Le Soufisme n’a jamais eu un premier exposant ou une origine historique. Il existe depuis le tout début, car l’homme a toujours possédé la Lumière qui est sa seconde nature… Le Soufisme a toujours été pratiqué et ses messagers ont été les gens du cœur…

À L’époque du Christ il y avait des Soufis parmi les premiers de ceux qui Lui ont porté attention, et dans la période de Mahomet les Soufis sur le mont Za-fah étaient les premiers à répondre au cri de Mahomet… Mahomet était le premier à ouvrir la voie pour eux en Arabie, et ils ont eu plusieurs disciples… Le Soufisme s’est alors répandu en Perse. Mais chaque fois que les Soufis exprimaient leur libre pensée, ils étaient attaqués par les religions établies.

C’est en Inde que l’art du Soufisme a été amené à la perfection: L’Inde a été une terre spirituelle depuis très longtemps.

Ainsi, le Soufisme au cours du temps a absorbé l’influence de beaucoup de religions; et a également influencé à son tour beaucoup d’autres religions.

Dans les périodes très anciennes le Safa a été fondé, la Fraternité de la Pureté. Sa doctrine était: connais-toi toi-même et tu connaîtras Dieu. Ces étudiants du soi étaient les Soufis, parce que le Soufisme est l’étude de soi.

Dans les différentes écoles (du Soufisme), l’idéal est resté le même, bien que les méthodes aient changé. L’idéal principal de chaque école Soufi est d’atteindre la perfection que Jésus-Christ a enseignée dans la bible, “… Sois parfait, comme ton Père au Ciel est parfait”.

La méthode Soufis a toujours été celle du détachement de soi. Mais quel soi? Pas le vrai, mais le faux soi dont l’homme dépend, et qu’il glorifie en tant que chose spéciale; et en effaçant ce faux soi il permet au vrai Soi de se manifester dans le monde apparent. Ainsi, la méthode Soufi travaille vers l’épanouissement… de ce Soi qui est éternel et à qui appartient toutes les puissances et les beautés.

Beaucoup de gens ont dit, “nous croyons seulement en Moïse, ou en Christ.” Certains disent qu’ils croient seulement aux Védas, ou dans d’autres écritures anciennes. Mais les Soufis ne s’inquiètent pas de qui a dit quelque chose; ils s’inquiètent seulement de ce qui a été dit.

Le Soufi voit la vérité sous toutes ses formes. (Il ne rejetterait jamais une religion particulière). Pourtant, sa vraie mosquée est son cœur ou le Bien-aimé vit…

Le Soufisme est une religion si on veut apprendre la religion de lui; c’est une philosophie si on veut apprendre la sagesse de lui; c’est une mystique si l’on souhaite être guidé par lui dans l’épanouissement de l’âme… C’est la Lumière, c’est la Vie qui est la nourriture de chaque âme, et qui soulève l’être mortel à l’immortalité. C’est le message de l’Amour, de l’Harmonie, et de la Beauté. C’est un Message Divin… Le Message, cependant, n’est pas dans ses mots, mais dans la Lumière Divine et la Vie qui guérissent les âmes, leur apportant le calme et la paix de Dieu.

La faiblesse de l’homme a toujours été qu’il considère seulement comme vérité ce à quoi il est accoutumé, et tout ce qu’il n’a pas été habitué d’entendre ou penser l’effraie… Mais le voyage vers la Perfection signifie aller au-dessus des limitations; aller si haut que l’on n’y voit pas seulement l’horizon d’un seul pays ou d’un seul continent, mais celui du monde entier. Plus haut nous allons, plus large devient notre vue de l’horizon.

Dans l’Est, dans un endroit où le respect doit être démontré les personnes portent un chapeau ou un turban, tandis que dans l’Ouest dans le même genre d’endroit le chapeau est enlevé. C’est simplement le principe opposé. Dans l’Est, dans les temples Hindous, les mosquées, et autres endroits saints, on doit enlever ses chaussures avant d’entrer; en Occident on ne peut pas aller dans une église sans chaussures.

La religion du Soufi est l’Amour seul; donc les principes (autres) des différentes religions ne sont rien pour lui.

La tâche du Soufi est d’enlever des couches. Son âme est si couverte avec différentes vibrations qu’elle ne peut pas se voir elle-même. Le Soufi par ses méditations, et par ses pratiques, “enlève” d’abord le corps physique, et observe ce qu’il peut voir sans lui. Ensuite il se débarrasse du plan astral, où l’homme vit dans ses pensées et sentiments, et il y voit ce dont il est conscient sans ce plan.

… L’humanité peut être divisée en trois principales catégories. Dans une catégorie il y a l’homme animal, dans une autre il y a l’homme diabolique, et il y en a une autre celle de l’homme humain.

L’homme animal est celui qui se concerne seulement par le besoin de manger et de boire et dont les actions ne sont nullement différentes de ceux d’un animal, qui est content avec la satisfaction de ses appétits naturels.

L’homme qui représente des qualités diaboliques est celui dans lequel l’égo, l’individu, est devenu si fort et puissant, et donc si aveugle, qu’il a presque éliminé n’importe quel sens de gentillesse, de bonté, de justice. Il est celui qui prend plaisir à faire du mal ou le mal à une autre personne, celui qui renvoie le mal contre le bien qui lui est fait, celui dont le plaisir est de faire le mal. Le nombre de ceux qui appartiennent à cette catégorie est grand.

Ensuite il y a l’homme humain…

Le Mahatma est une âme lumineuse. Il regarde la vie d’un autre point de vue. Il pense aux autres davantage qu’à lui; sa vie est consacrée aux actions de bienfaisance; il ne s’attend à aucune appréciation ou récompense pour tout ce qu’il peut faire pour les autres; il ne recherche pas d’éloge et il n’a pas peur du blâme. D’un côté lié à Dieu et de l’autre côté relié au monde (matériel), il vit sa vie aussi harmonieusement que possible.

Pourquoi devrait-il lutter? La réponse est qu’il y a toujours un conflit entre la personne qui souhaite aller vers le haut et le vent qui le pousse vers le bas. Le vent qui souffle une personne vers le bas est continuellement senti par ceux qui vont sur le chemin du progrès. Ce vent est le conflit avec soi, il est le conflit avec les autres, il est le conflit dans des conditions; des conflits qui viennent de tout autour, jusqu’à ce que chaque partie de ce Mahatma soit testée et essayée, jusqu’à ce que sa patience soit presque épuisée et que son moi soit écrasé… Ainsi est l’état de ce guerrier qui marche sur le chemin spirituel; car tout est contre lui; ses amis bien qu’ils puissent ne pas le savoir, ses ennemis, les conditions, l’atmosphère, le soi.

… (Si) un mot d’insulte, une action de révolte ou de haine, crée une réponse… cette réponse crée toujours une disharmonie dans le monde. En nous abandonnant à la disharmonie, nous laissons la disharmonie se multiplier. D’où viennent tous les grands malaises et discordes que l’on voit maintenant dans le monde? Il semble qu’ils viennent de l’ignorance de ce fait que la disharmonie crée la disharmonie, et que la disharmonie se multiplie. Si une personne est insultée, sa tendance naturelle est de répondre en insultant l’autre personne encore plus. De cette façon, elle obtient la satisfaction momentanée d’avoir donné une bonne réplique. Mais elle a répondu à cette puissance qui est venue de l’autre, et ces deux puissances… créent (encore) plus de disharmonie.

“Ne pas résister au mal”… veut dire: ne pas renvoyer la disharmonie qui vient à vous, comme une personne jouant au tennis renverrait la balle avec sa raquette.

… L’harmonie peut être comparée à un rocher dans l’océan: par le vent et l’orage, le rocher se tient ferme; les vagues viennent avec toute leur force, mais il tient toujours là sans broncher, laissant les vagues se briser contre lui. En combattant la disharmonie, on l’augmente; en ne la combattant pas, on s’abstient d’ajouter du carburant au feu qui autrement augmenterait et causerait la destruction.

(Si l’homme développe l’habitude “de parer” le mal, alors) la tendance contraire se développe finalement chez l’homme et devient passion, jusqu’à ce qu’il contredise même sa propre idée si elle s’avère être prononcée par un autre.

Le Soufi afin de garder l’harmonie… accepte les idées d’une autre personne en regardant le sujet du point de vue de l’interlocuteur au lieu du sien.

Il observe chacun de ses mouvements et expressions, aussi bien que ceux des autres, essayant de former une corde harmonieuse entre lui et les autres.

La vie dans le monde (matériel) a un effet constamment discordant, et plus nous devenons raffinés et plus cela deviendra éprouvant pour nous. Et le moment viendra où le plus sincère et plein de bonne volonté, plus aimable et sympathique une personne est, pire la vie devient pour lui. S’il devient découragé par cela il régresse, mais s’il garde son courage il trouvera à la fin que cela n’était pas désavantageux, parce qu’à ce stade, à ce degré sa puissance un jour augmentera, sa présence, ses mots, et ses actions commanderont les pensées, les sentiments et les actions des autres. Alors, son rythme deviendra puissant et fera que le rythme de tout le monde s’ajustera au sien.

Mais afin de tenir ferme contre la disharmonie qui vient de l’extérieur, on doit d’abord s’entraîner à tenir ferme contre tout ce qui vient de l’intérieur, de sa propre personne.

Être résigné signifie trouver de la satisfaction dans l’abnégation de soi.*

L’abnégation ne peut être une vertu quand elle est le résultat de l’impuissance et aboutit au mécontentement. La nature de… l’égo est d’être froissé contre toute chose qui surgit dans la vie…; mais quand une personne accepte avec renoncement face à une difficulté, et sent en même temps une satisfaction, alors, même sans avoir accompli son objectif il s’est élevé au-dessus d’elle. De cette façon pour l’âme qui a vraiment renoncé même une défaite est en fait une victoire.

Le renoncement est une qualité des âmes saintes.

Quel que soit la puissance d’un homme et sa position dans la vie, il a toujours à rencontrer une volonté plus puissante, sous quelque forme que ce soit. En vérité c’est la Volonté Divine. En s’opposant à la Volonté Divine on peut se briser; mais en se résignant à la Volonté Divine on ouvre une porte. Car le renoncement a la même nature que l’eau: si quelque chose l’obstrue, elle prend un autre chemin; et continue sa course, traçant sa voie afin de rencontrer l’océan à la fin. C’est ce que les âmes saintes qui marchent sur le chemin de la renonciation font tout en maintenant leur propre volonté vivante. Cette volonté a la puissance de faire sa Voie.

Être perturbé par son environnement, être chargé de responsabilités, et être exposé à l’opposition est beaucoup plus difficile et plus grand que d’être un ascétique dans la jungle.

Le but le plus élevé et le plus grand que chaque âme doit atteindre est Dieu. Comme tout a besoin de renonciation, ce but le plus élevé a besoin de la plus haute renonciation.

Tout et chaque être semblent séparés l’un de l’autre sur la surface de l’existence, mais sous la surface de chaque plan ils sont plus proches entre eux, alors que sur le plan le plus profond ils deviennent tous Un.

Ainsi, chaque perturbation à la paix de la plus petite partie de l’existence sur la surface affecte le Tout intérieurement. Par conséquent, n'importe quelles pensées, n’importe quels discours, ou actions qui dérangent la paix sont erronés, mauvaises et un péché; mais si elles provoquent la paix elles sont exactes, bonnes, et une vertu.

La perturbation de la plus légère partie de la vie dérange le Tout et retourne comme une malédiction sur la personne qui l’a causée; n’importe quelle paix produite sur la surface conforte le Tout, et donc retourne en paix à celui qui l’a produite. C’est la philosophie qui sous-entend l’idée de la récompense des bonnes actions et qui punit les mauvaises; … (les récompenses et les punitions sont) données par les puissances plus élevées.

… Les sages dans tous les âges… ont essayé d’apprendre une chose seulement, et c’était la soumission à la volonté de Dieu. En faisant ceci, ils ont atteint l’étape à laquelle ils pouvaient voir du point de vue de Dieu.

La vie est un endroit où il est nécessaire de se déplacer doucement. Que ce soit en pensée, en parole, ou en action, le rythme doit être contrôlé; la loi de l’harmonie doit être observée dans tout ce que l’on fait.

S’il y a quelque chose qui apportera la satisfaction, c’est de se plonger profondément dans l’Amour, et alors nous nous rendrons compte qu’il n’y a rien qui ne soit pas juste; nous ne dirons plus jamais que quelque chose est injuste. C’est le point qu’atteignent les sages, et ils l’appellent la culmination de la sagesse.

… L’apitoiement sur soi est la pire pauvreté. Elle accable l’homme, et il ne voit rien d’autre que ses propres problèmes et douleurs; et alors, il lui semble qu’il est la personne la plus malheureuse, plus que n’importe qui dans le monde.

Parfois nous trouvons de la satisfaction dans l’apitoiement sur soi. La raison en est que c’est notre nature de trouver de la satisfaction dans l’amour; et quand nous sommes confinés à nous-mêmes alors, nous commençons à nous aimer, et alors l’apitoiement sur soi surgit… Mais l’amour de soi apporte toujours le mécontentement, parce que le soi n’est pas fait pour être aimé; le soi est fait pour aimer.

La première condition afin d’aimer est de s’oublier. On ne peut pas aimer les autres et s’aimer en même temps, et si quelqu’un dit, “si vous me donnez quelque chose, je vous donne quelque chose en retour”, c’est un autre genre d’amour, c’est plus comme des affaires.

L’égo de l’homme est le faux égo, l’Égo de Dieu est le vrai Égo. Mais qu’est-ce que l’égo? L’égo fait partie d’une ligne: une extrémité de la ligne est l’égo de Dieu, à l’autre extrémité est l’égo de l’homme; et ce dernier est faux, parce que l’homme l’a recouvert de ses illusions, l’appelant lui-même. Par conséquent, quand cet égo est brisé par l’amour ou par la sagesse ou par la méditation, alors les nuages qui le recouvrent sont dispersés et le vrai Égo, l’Égo de Dieu, se manifeste.

Il y a la personne qui regarde seulement les circonstances de sa propre vie; il y en a une autre qui regarde les vies de beaucoup d’autres gens: c’est une différence d’horizon.

… Nous disons que ceci ou cela nous rend malheureux, mais c’est seulement la distance qui nous sépare (de Dieu) qui nous rend ainsi; l’âme est malheureuse dans sa séparation.

La tendance vient de repousser tout au loin, et de rester à l’écart de tout le monde. Mais le but de l’incarnation terrestre n’est pas cela. C’est de trouver la Perfection…

… La mort est seulement la libération de l’âme de ses limitations et d’une grande captivité. La mort n’est rien d’autre que de se dévêtir d’un vêtement et de le redonner de nouveau à ce plan auquel il a été emprunté…

… Nous pouvons commencer à renoncer à nos corps à partir d’aujourd’hui, afin de ne pas éprouver la douleur d’avoir à perdre quelque chose qui nous semblait très précieux.

Le corps physique pèse fortement sur l’âme, et le jour où ce fardeau est enlevé, l’âme se sent plus légère; ses facultés, tendances, inspirations, pouvoirs, tout se manifestent plus librement. Par conséquent, la mort n’est pas une perte.

Qu’est-ce qui provoque la mort? Soit le corps, dû à la faiblesse, n’est plus capable de servir l’âme correctement; ou l’âme a fini sa mission sur ce plan et ne veut plus de corps.

L’âme, attirée par la puissance magnétique de l’Esprit Divin, fusionne dans Lui avec une joie inexprimable en des mots, comme un cœur affectueux s’étend dans les bras de son Bien-aimé. L’intensité de cette joie est si grande que rien de ce que l’âme a éprouvé dans sa vie ne l’a jamais rendu si détaché d’elle-même; pourtant de ce détachement de soi vient en réalité la vraie conscience de soi.

C’est alors que l’âme réalise entièrement, “j’existe”. Mais (seulement) l’âme qui arrive à cette étape de la réalisation consciemment a cette extraordinaire expérience.

… Dieu parle à chacun, non seulement aux messagers et aux enseignants. Il parle aux oreilles de chaque cœur, mais ce n’est pas chaque cœur qui L’entend. Sa Voix est plus forte que le tonnerre et Sa Lumière est plus claire que le Soleil — si on pouvait seulement L’entendre, si on pouvait seulement Le voir. Afin d’entendre et voir, l’homme devrait enlever ce mur, cette barrière, qu’il a fait de son petit moi.

… L’autre chose que nous apprenons est qu’afin d’atteindre un objet, l’élément amour n’est pas suffisant; à part l’amour nous avons besoin de sagesse, cette sagesse qui réveille l’harmonie et s’harmonise avec les forces cosmiques, aidant l’atteinte de l’objet recherché.

On est seulement fier de son expérience jusqu’à ce qu’on ait vu comment vaste est le monde… Le plus loin l’homme entre dans une expérience plus il voit comment peu il sait.

… Il y a un poème du grand poète Persan Iraqi, qui nous dit comment il est allé à la porte du Bien-aimé, a frappé à la porte; et une voix a répondu, “Il n’y a plus de place pour personne d’autre en cette Demeure. Retournez d’où vous êtes venus, “et il est retourné. Puis, après un long moment, et après avoir passé par le processus de porter la croix et d’être crucifié, il est venu de nouveau, cette fois rempli de cet esprit d’abnégation de soi, et il a frappé à la porte et le mot est venu, “Qui es-tu?” et il a dit, “seulement Toi, car personne d’autre n’existe excepté Toi”. Et Dieu a dit, “Entre dans cette demeure, car maintenant elle t’appartient”.

 

LE PROPHÈTE* Gibran Khalil Gibran

 

Comme des gerbes de maïs, il vous recueille vers lui.

Il vous bat pour vous rendre dénudés.

Il vous tamise pour vous libérer de vos enveloppes.

Il vous rectifie à la pureté.

Il vous malaxe jusqu’à ce que vous soyez flexible.

Et alors, il vous affecte à son feu sacré, afin que vous puissiez devenir le pain sacré pour le régal sacré de Dieu.

Toutes ces choses que l’amour vous fera afin que vous puissiez connaître les secrets de votre cœur, et dans cette connaissance vous deviendrez un fragment du Cœur de la Vie.

Mais si dans votre crainte vous recherchiez seulement la paix de l’amour et le plaisir de l’amour, alors il est mieux pour vous que vous couvriez votre nudité et passiez hors de l’aire de battage de l’amour, au monde sans saison où vous rirez, mais pas tous vos rires, et pleurerez, mais pas toutes vos larmes…

Quand vous aimez vous ne devriez pas dire, “Dieu est dans mon cœur!” mais plutôt, “je suis dans le cœur de Dieu”.

Aimez-vous les uns les autres, mais ne faites pas de l’amour un attachement.

Donnez vos cœurs, mais sans vouloir qu’il soit exclusif entre-vous.

Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles du désir ardent de la vie elle-même. Ils viennent par vous, mais pas de vous.

Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas à vous.

Vous pouvez loger leurs corps, mais pas leurs âmes.

Vous pouvez tâcher d’être comme eux, mais ne cherchez pas à les rendent comme vous.

Vous êtes les arcs par lesquels vos enfants en tant que flèches vivantes sont envoyés de l’avant.

L’Archer voit la marque sur le chemin de l’infini, et Il vous plie avec Sa force afin que Ses flèches puissent aller rapidement et loin.

Laisser votre recourbement dans la main de l’archer être pour la joie; car Il aime de la même façon la flèche qui vole et l’arc qui est stable.

… Vous donnez, mais peu quand vous donner de vos possessions. C’est quand vous donnez de vous-même que vous donnez vraiment.

Il y a ceux qui donnent avec joie, et cette joie est leur récompense.

… Et toute impulsion est aveugle sauf quand il y a la connaissance.

Et toute la connaissance est vaine sauf quand il y a action.

Et toute action est vide sauf quand il y a amour.

Et quand vous faites des actions avec amour vous vous liez à vous-même et les uns les autres, et à Dieu.

Comme l’océan est votre moi Divin.* Il reste à jamais immaculé.

Tout comme le Soleil est votre moi Divin;

Mais le moi Divin ne demeure pas seul en votre être.

… Beaucoup en vous est toujours homme, et beaucoup en vous n’est pas encore homme.

L’assassiner n’est pas non responsable de son propre meurtre.

Si quiconque d’entre vous jugeait une épouse infidèle, jugé également le cœur de son mari dans la balance, et mesuré son âme avec mesures.

Et laisser celui qui fouetterait l’offenseur, regarder l’esprit de l’offenser.

… Et bien que vous cherchiez dans vos vêtements la liberté de l’intimité, vous pouvez y trouver en eux un harnais et une chaîne. Il vaudrait mieux que vous rencontriez le soleil et le vent avec plus de votre peau et moins de vos apparats.

N’oubliez pas que la modestie n’est qu’une protection contre l’œil de l’impur. Et quand l’impur n’est plus, qu’est-ce que la modestie exceptée une chaîne et une fourberie de l’esprit?

Et n’oubliez pas que la Terre est enchantée de sentir vos pieds nus et le vent est impatient de jouer avec vos cheveux.

… Que dire du vieux serpent qui ne peut pas jeter sa peau, et appelle tous les autres nus et sans scrupule?

Et de celui qui vient tôt au festin du mariage, et une fois suralimenté et fatigué fait son chemin en disant que tous les festins sont une violation et que tous ceux qui y participent sont des personnes qui commettent un crime?

Et qu’est le Soleil pour eux excepté un émetteur d’ombres?

Mais à vous qui marchez faisant face au soleil, quelle image dessinée sur la terre peut vous soutenir?

Vous qui voyagez avec le vent, quelle girouette dirige votre cours?

… Qui peut dire à l’alouette de ne pas chanter?

Et qu’est-ce sinon les fragments de votre propre individualité jetteriez-vous afin de devenir libre?

Car le (vrai) Soi est une mer illimitée sans bornes.

… S’il est en effet sage, il ne vous offre pas d’entrer dans la maison de la sagesse, mais vous mène plutôt au seuil de votre propre esprit.

L’astronome peut vous parler de sa compréhension de l’espace, mais il ne peut pas vous donner sa compréhension.

Le musicien peut vous chanter le rythme qui est dans tout l’espace, mais il ne peut pas vous donner l’oreille qui capture le rythme ni la voix qui le produit.

Et celui qui est versé en science des nombres peut raconter à propos des régions du poids et de la mesure, mais lui ne peut pas vous conduire là.

Car la vision d’un homme ne prête pas ses ailes à un autre homme.

Et même si chacun de vous se tient dans la connaissance de Dieu, ainsi chacun de vous doit être seul dans sa connaissance de Dieu et dans sa compréhension de la Terre.

Dommage que les cerfs ne peuvent pas enseigner la rapidité aux tortues.

 

LES SEPT VALLÉES ET LES QUATRE VALLÉES* Baha’u’llah

 

… Je vous indique donc la marque sacrée et resplendissante des plans de la gloire, afin de vous attirer dans la cour de la sainteté et de la proximité de la beauté, et vous amène à la place où vous ne verrez rien dans la Création exceptée le Visage de votre Bien-aimé!

Que la paix soit sur lui qui suit le Droit Chemin!

Le vrai chercheur ne recherche rien d’autre que l’objet de sa recherche, et l’amoureux n’a aucun désir excepté l’union avec son Bien-aimé.

Aussi nul chercheur n’atteindra son but à moins qu’il renonce à toutes choses. C’est-à-dire, peut importe ce qu’il a vu, entendu, et compris (avant), il doit y renoncer, afin qu’il puisse entrer dans le royaume de l’esprit, qui est la Cité de Dieu!

Le travail est nécessaire, si nous voulons le chercher; l’ardeur est nécessaire, si nous voulons boire le miel de la réunion avec Lui; et si nous goûtons à cette tasse, nous enverrons le monde au loin.

Dans ce voyage le voyageur demeure dans chaque terre et habite chaque région. Dans chaque visage, il cherche la beauté d’un Ami; dans chaque pays il recherche le Bien-aimé. Il joint chaque groupe, et y cherche la camaraderie avec chaque âme, en espérant que dans certains esprits il pourra y découvrir le secret de l’amitié, ou dans un certain visage il pourra y voir la beauté de l’Aimé.

Et si, avec l’aide de Dieu, il trouve sur ce voyage une trace de l’Ami sans trace, et inhale (Son) parfum… — il entrera immédiatement dans la Vallée de l’Amour et sera dissout dans le Feu de l’Amour.

Comme il est étrange que pendant que le Bien-aimé est visible en tant que Soleil, l’insouciant cours toujours après les ornements clinquants et les métaux de base!

Libérez-vous des choses (“terrestre”), de vos passions et désirs; ensuite, avancez vers votre Seigneur!

Purifiez-vous de tout excepter Lui — que vous puissiez abandonner votre vie dans Son Amour!

La pauvreté, dans la situation présente, signifie d’être pauvre en choses de ce monde, riche en les choses du monde de Dieu.

Car quand le vrai amoureux et ami dévoué atteint la présence du Bien-aimé, la beauté scintillante de l’Aimé et le feu du cœur de l’amoureux allumeront une flamme qui brûlera tous les voiles et enveloppes. En effet, tout ce qu’il a, de la peau jusqu’au cœur, sera mise à feu, de sorte que rien ne demeure excepté l’Ami.

Retirez-vous en arrière du seuil de l’Être Vrai si vous possédez toujours des qualités “terrestres”.

En vérité nous sommes de Dieu, et à Lui nous devons retourner!

Rien ne peut nous arriver à part ce que Dieu nous a destiné.

… Un des prophètes de Dieu a demandé: “Ô mon Seigneur, comment pouvons-nous Vous atteindre?” Et la réponse est venue, “laissez-vous derrière — alors pourrez-vous vous approcher de Moi!”.

… L’amour est une Lumière qui ne demeure jamais dans un cœur possédé par la crainte.

Que la Paix soit sur lui qui suit le Droit Chemin!